D.FaZé, également écrit Dfaze, appartient à l’histoire des free parties du Nord de la France. Né à Lille en 1999 autour de Dyna, Djules et de leurs amis, le collectif réunit organisation de fêtes, mix, lives et production de disques. Pour retrouver son parcours, on peut suivre deux fils : les témoignages de ses membres et les pages de son ancien site, conservées par Internet Archive.
Un collectif lillois né de la free party
Dans son entretien accordé à Mouvances Libres en 2017, Dyna situe la création de D.FaZé en 1999, après sa rencontre avec Djules dans les teknivals. Elle raconte une décennie d’organisation dans le Nord, avec la fête de la Braderie de Lille comme rendez-vous important, et des collaborations avec d’autres sounds, dont Nawak, Heretiks et Subversif.
Le site du collectif en garde des traces concrètes. Sa page d’actualités archivée en février 2004 revient sur une fête Dfaze/Nawak à Lesquin, le 6 septembre 2003. Elle annonce aussi des soirées à Lille et en Belgique, des lives et des rencontres autour des musiques électroniques. Dfaze y propose son aide aux autres sons de la région pour leurs démarches d’organisation : le site servait à partager une expérience autant qu’à diffuser un agenda.
DJ, machines, guitare et vidéo
Les portraits publiés sur le site en 2003 montrent plusieurs approches musicales. Dyna navigue entre hardtek, hardfloor, électro et techno. Djules développe un live hardcore sous le nom de Bass Reflektor. Zbeu, KX — également présenté comme Konik — et Hellhammer figurent aussi dans cette équipe. Kerrynoizer y est décrit comme guitariste et compositeur, associé aux productions Ritual et Insekt.
La place d’Altern V, consacré à la vidéo en direct, rappelle que ces fêtes ne se construisaient pas uniquement derrière les platines. Les archives présentent également danse, performances et régie. Cette diversité aide à comprendre Dfaze comme un collectif, plutôt que comme le seul nom d’un DJ ou d’un label.
Insekt, DFZ et Other Side : trois directions musicales
Insekt Record représente le versant hardcore. Sa présentation officielle archivée en août 2003 attribue sa création à Bass Reflektor, alias Djules, et Dyna. Elle annonce un projet indépendant tourné vers les producteurs underground, avec notamment Fuck Mariani EP pour Insekt 001 et Battle Sounds EP pour Insekt 002. Djules, Kerrynoizer, Bass Reflektor et Nawak apparaissent dans ces premières références.
DFZ Record est présenté comme le label hardtek et hardfloor. Le catalogue conservé en février 2008 permet de repérer quelques morceaux : Free Tribute de Djules et Dyna sur DFZ 001, Let’s Make a Hit sur DFZ 002, puis leurs contributions aux références suivantes. Zbeu, G-Zed et Enkil sont également crédités dans ce catalogue. Les numéros de catalogue permettent de suivre ces collaborations d’un disque à l’autre.
Other Side ouvre une piste électro et techno, avec une place prévue pour les morceaux expérimentaux. La page archivée en avril 2004 annonce une première référence réunissant Stalker, Tournesol et O.S. L’agenda de Dfaze identifie O.S. comme le duo Djules et Dyna. Il s’agit ici de l’annonce conservée dans les archives, pas d’une confirmation de disponibilité actuelle du disque.
Retrouver l’écoute et poursuivre la découverte
Le SoundCloud de Dyna permet de retrouver des mix associés à ce parcours, dont D.FaZé 10 Years Mix – Part 2, aux côtés de sélections plus récentes. L’entretien de 2017 donne aussi accès à sa propre lecture de cette histoire, notamment sur l’autogestion et la place des femmes aux platines.
Pour explorer ces familles musicales dans le catalogue actuel de Teknoboutik, les sélections hardtek, tribe et freetekno et hardcore offrent deux points d’entrée. Pour un autre parcours associant disques et organisation de fêtes, retrouvez notre entretien avec L’Hallucidité.
Portrait historique de Teknoboutik, indépendant du collectif D.FaZé, rédigé à partir des archives et des témoignages cités.